Nouvelle signature du label 12 Monkeys, OKS Rouge a récemment sorti « Tour d’ivoire « , un E.P. composé de 6 titres produits par Larry Koubiak. C’est l’occasion pour la Voix du HipHop d’aller à la découverte de l’artiste.
Pourrais-tu te présenter pour celles et ceux qui ne te connaissent pas ?
Je suis OKS. Je suis tombé dans le rap enfant via mes deux grands frères. Je suis un amoureux du HipHop. Mes premiers souvenirs remontent à l’âge de 5 ou 6 ans, j’écoutais des cassettes audio à l’époque, des compiles de rap français ou américain. Les premiers noms qui m’ont marqué étaient 2Pac et Nas pour les USA et 4 My people et Secteur A pour la France. J’ai commencé vraiment à écrire vers l’âge de 14-15 ans. J’ai commencé par des Open Mics, je suis arrivé sur le tard en studio.
Nous t’avons découvert avec « Stockton et Malone » avec Ron Brice, un titre clippé , qui est également le premier titre extrait de « Tour d’ivoire ». Tu es la dernière recrue ou la nouvelle signature du label 12 Monkeys. Peux-tu nous en dire, un peu plus. Pourquoi avoir choisi ce label et qu’est-ce que tout cela (le label+la signature) représente pour toi ?
L’arrivée chez 12 monkeys représente une grande étape pour moi. Déjà parce que je suis fan du travail de Ron et Cham depuis le début et aussi parce que c’est un honneur qu’une telle équipe se soit penchée sur mon travail et décide de vouloir s’occuper de moi.
Donc « Tour d’ivoire » est un EP exclusivement produit par Larry Kubiak… Comment as-tu bossé ce disque, d’ailleurs quelle est la genèse de ce 6 titres?
La genèse de ces 6 titres c’est Ron qui m’envoie une prod, que je découpe dans les 24 heures. Par la suite, Larry entend ça, et m’envoie presque 300 prods et je me retrouve rapidement avec un projet qui tient la route.
Je ne suis pas un grand technicien. Je dirais que j’ai des progrès à faire de ce côté-là, mais je pense qu’avec les années de pratique mon écriture est ma force principale.
Et combien de temps pour la réalisation de ce projet, de l’écriture à l’enregistrement en passant par le mix et le master ?
Ce projet s’est fait vraiment très vite. Comme tous mes projets jusqu’à maintenant. En quelques mois, j’avais les tracks, seul le feat avec Ron est venu plus tard, quelques semaine avant la sortie.
Tu te retrouves dans un label qui s’efforce de nous proposer que des disques de qualité. Donc dans quel état d’esprit as-tu entrepris « Tour d’ivoire » ? T’es-tu donné une ligne directrice?
Je n’avais pas vraiment de ligne directrice. Parce que j’avais déjà réalisé 80% du projet avant la collaboration avec le 12.
« Les fausseries sont proscrites. Tu captes, forcément bannies de mes proses, rimes… ».Quelle importance et quel temps accordes-tu à la rime, et quelle importance accordes-tu au texte dans ton rap? Y-a-t-il un ou plusieurs titres sur le ou lesquels, il t’a fallu nettement plus de temps ?
Pour moi, le texte c’est quelque chose de primordial. Je ne suis pas un grand technicien. Je dirais que j’ai des progrès à faire de ce côté-là, mais je pense qu’avec les années de pratique mon écriture est ma force principale. Les titres sont sortis à l’instinct. Aucun ne m’a demandé plus de travail qu’un autre.
À quand remonte la dernière fois où tu as rappé toute la nuit ? Et c’était où ?
La dernière fois que j’ai rappé toute la nuit, c’était il y a deux semaines, j’ai écrit un long texte chez moi, j’ai littéralement fait nuit blanche.
En faisant quelques recherches et en préparant cette interview, nous nous sommes très vite rendus compte que tu n’en es pas à ton premier fait d’armes… Des maxis (‘ L’étoile Rouge « , « All In »), des EPs (« PIBE ORO », « 1991 », « Baby Jay « ). Justement à quel niveau estimes-tu avoir le plus progressé depuis notamment « Affaire classée »?
Je pense avoir progressé sur “Tour d’Ivoire”, mais l’énergie dans la création est exactement la même que dans les autre projets sortis jusqu’à maintenant. La prochaine étape, c’est prendre plus de temps et construire des projets encore plus cohérents.
Tu fais différentes références au basket, « Stockton et Malone », « Ils sont verts comme le Celtic de Boston », « De mars à octobre, je suis au playground je m’obstine … », « Pinaille pas, passe la balle, c’est le OKS qui score…. » En somme, quels sont les points communs que tu peux retrouver aussi bien dans le rap que dans le basket ?
Le basket et le rap sont pour moi assez liés. Enfant, j’étais fan des And1 MixTapes, aussi bien pour les skillz basket que pour la bande sonore. L’aspect technique, l’aspect duel, le flow : J’ai fait le lien inconsciemment.
Le rap reste quelque chose de chronophage, c’est une forme de sacrifice aussi, mais quand une passion vous anime, difficile de s’en défaire !
Fais-tu et pratiques-tu le rap comme si tu faisais et pratiquais un sport ?
Je pense qu’à l’image de la pratique d’un sport, l’entraînement rend plus fort, la pratique quotidienne, maintenant à l’inverse d’un sport, je pense qu’il y a un supplément d’âme dans l’art. Donc je dirais que ce sont deux choses différentes.
« Tour d’Ivoire », c’est 6 titres solides, un EP de qualité qui transpire la passion, entre introspection, egotrip, peinture de l’époque sur des productions de Larry Koubiak. « Zéro calcul, je fais les choses au pied levé »… Y-a-t-il une stratégie tout de même mise en place avec le 12 Monkeys pour davantage répandre ta musique, ton nom et ton style?
Oui. Le 12 met une stratégie en place, à l’ère des réseaux, il faut occuper le terrain. Mais, à mon niveau, personne ne m’attend, il y a encore beaucoup de travail pour rentrer dans le cercle des artistes en place dans ce mouvement…. La stratégie est plutôt de sortir des EPs courts et qualitatifs.
« J’ai la peau blanche mais en groupe je suis toujours Black Sheep » : Te souviens-tu où tu étais la première fois que tu as entendu un titre de Black Sheep?
Black sheep a été une baffe pour moi dans les années 2010. Une grosse référence ! Pour être honnête, ça fait quelques temps que je n’en ai pas écouté.
« J’aime cette musique mais il ne faut pas que je m’éternise, Dieu me voit, il préférait que je brille au Sunday Service. » Comment doit-on comprendre cette phrase ? Et qu’aimes-tu le plus dans ce mode d’expression qu’est le rap ?
J’entends par là que le rap reste quelque chose de chronophage, c’est une forme de sacrifice aussi, mais quand une passion vous anime, difficile de s’en défaire !
Ce mode d’expression représente beaucoup pour moi. Il me permet de mettre le doigt sur mes propres paradoxes, sur les paradoxes que j’observe sur le monde, comme un dialogue avec le moi que je voudrais être.
Peux-tu nous faire un top 3 des artistes qui t’ont le plus inspirés ces 10 dernières années ?
Ces 10 dernières années, je dirais Westside Gunn, The Alchemist et en France Ron Brice.
Nous ressentons le désir de soigner l’expression, de respecter ton art, respecter les codes du rap, de faire cela notamment pour la culture….Que souhaites- tu principalement transmettre dans ta musique ?
Dans ma musique, je souhaite transmettre un message positif, donner de la force à la personne qui m’écoute et également proposer un produit qualitatif en termes de musique pure.
Faites-vous plaisir ! Si le rap devient une prise de tête pour vous alors qu’il ne remplit, pas votre frigo, ça n’en vaut pas la peine.
Pourrais-tu nous donner 3 adjectifs pour définir ton style ?
Je dirai que mon style est incisif, aérien et réfléchi.
Que peut-on attendre de part dans les semaines et les mois à venir? d’ailleurs quels sont les retours concernant « Tour d’Ivoire » pour le moment ?
Concernant «Tour d’Ivoire » les retours sont incroyables, je n’avais pas d’attente particulière mais j’ai été particulièrement surpris des retours. La suite, c’est beaucoup de collaborations, des singles et des projets à venir.
As-tu un mot de la fin?
Le mot de la fin ? J’ai un seul message à faire passer surtout aux collègues rappeurs, c’est : Faites-vous plaisir ! Si le rap devient une prise de tête pour vous alors qu’il ne remplit, pas votre frigo, ça n’en vaut pas la peine.